25 septembre 2007
En Suisse, la journée des filles
Contrairement à ce que l'on pourrait penser (ou tout du moins à ce que je pensais moi), le taux d'activité des femmes suisses est supérieur à celui des françaises (59,4 %, contre
49,9 %).
J'avais en effet l'image de la femme suisse restant plus souvent à la maison, en raison de la difficulté de faire garder ses enfants, de leur entrée plus tardive à l'école, des conditions de travail et d'imposition (congé maternité rémunéré depuis 2005 seulement, taxation plus élevée du revenu de l'épouse [considéré comme un 2nd revenu...]).
Une explication de ce "paradoxe" peut cependant résider dans le pourcentage de femmes travaillant à temps partiel en Suisse, très supérieur à celui des françaises : 56,5 %, contre 29,9 %. Je ne sais en revanche pas quelle proportion de ces temps partiels est subie ou choisie.
Cependant, on peut imaginer qu'une partie de ces métiers exercés à temps partiel sont moins ambitieux que ceux que ces femmes auraient pu exercer à temps complet.
Un projet inter-cantonal est né d'une observation similaire : "La Journée des filles est un programme de motivation pour les filles,
basé sur la constatation que beaucoup d'entre elles ne s'imaginent pas
actives professionnellement toute leur vie. Ce qui a des conséquences
négatives sur leur choix d'une profession: le choix est restreint, le
niveau des salaires et les possibilités de carrière sont moindres."
Dans le cadre de cette "Journée des filles", qui a lieu chaque 8 novembre depuis 7 ans, les filles d'environ 10 à 12 ans accompagnent leur père ou leur mère au travail, découvrant ainsi un métier et le monde du travail.
Cette année, l'accent est mis sur le métier d'ingénieure, avec "Filles et technique, c'est parti", projet-pilote soutenu par IngCH (Ingénieurs et Avenir) et par l'ASFI (Association des Femmes Ingénieures).
Pendant cette journée, les garçons ne seront pas tout à fait laissés pour contre, et discuteront en classe avec leur enseignant de leurs projets d'avenir, dans le cadre d'un échange structuré.
Je ne sais pas si une initiative similaire aurait sa place en France. Nous serions peut-être plus étonnés que la même possibilité de découvrir un métier ne soit pas offerte également aux garçons. En tout cas, l'idée de confronter les adolescents ou pré-ado au monde du travail est toujours intéressante à appliquer (vous avez déjà assisté à une journée complète de boulot de vos parents, vous ? Pas moi en tout cas...)
12 septembre 2007
Pourquoi les femmes seraient payées moins que les hommes ?
Quelques explications à méditer dans l'article:
From
September 6, 2007
If women don’ t ask, they’re asking for it - Would you see your boss for a pay rise?
http://www.timesonline.co.uk/tol/comment/columnists/camilla_cavendish/article2395388.ece
09 septembre 2007
Fiche métier - Sonia - Ingénieur d'affaires
Avec la rentrée, reprennent les fiches métier ! Sonia, de la promo EI99, nous décrit le poste qu'elle occupe actuellement.
Nous espérons que cette rubrique vous intéresse. Son objectif est à la fois de nous faire mieux connaître les différents métiers exercés par les anciennes, ainsi que les entreprises où elles travaillent, de pouvoir situer un poste dans une perspective de "carrière" (pré-requis, évolutions possibles).
Ces fiches contribuent aussi indirectement à entretenir notre réseau.
Bref, nous cherchons toujours des anciennes pour nous présenter leur job et enrichir ainsi notre base de partage d'expériences. Ecrivez-nous !
[et si vous vous posez encore des questions après avoir lu une fiche métier, vous pouvez nous les soumettre afin d'enrichir le questionnaire]
- Bonjour Sonia, quel est l'intitulé de ton poste ?
Ingénieur d'affaires spécialiste dans les solutions de Stockage pour l'Afrique francophone et la Libye.
- Et ça se passe chez... (et dans quel département ?)
Je travaille chez IBM dans la division "Systems and Technology Group" (STG).
STG est la division responsable des solutions matérielles chez IBM.
- Tes missions principales :
Je suis responsable des ventes des solutions de stockage de données d'IBM.
Je couvre une vingtaine de pays (la Libye et les pays francophones de l'Afrique à l'exception du Maroc).
Ma mission consiste à m'assurer que les partenaires locaux d'IBM ont tout le soutien nécessaire (marketing, formation, support technique avant vente et pricing) pour commercialiser les solutions de stockage. Comme je suis basée à Tunis, je fais aussi du Business Direct (pas via Partenaire) et donc je suis amenée à rencontrer directement les clients qui ont un besoin en stockage de données et dans ce cas à réaliser une offre technique et commerciale.
- Et ton travail de tous les jours consiste en quoi concrètement ?
Je suis toutes les affaires qui comporte des solutions de stockage IBM sur mon territoire, qu'elles soient via partenaire ou en vente directe par IBM.
Je m'assure que les affaires sont en bonne voie et qu'elle se concrétisent par une commande du client.
- Quels sont tes principaux interlocuteurs ?
Je travaille avec des clients (surtout en Tunisie), avec des partenaires commerciaux (éparpillés sur une vingtaine de pays) et bien sûr avec les équipes d'IBM (équipes d'architectes techniques, équipes marketing, équipes financières..).
- Les pré-requis que l'on t'a demandé et/ou les postes types auxquels celui-ci peut faire suite ?
Le profil requis est à la fois commercial et technique. L'aspect commercial est nécessaire dans le relationnel avec les partenaires et les clients. L'aspect technique est requis pour s'assurer que les solutions vendues sont bonnes et répondent bien au besoin technique du client.
Le poste d'ingénieur d'affaires spécialiste dans une gamme de produits ouvre une double perspective d'évolution.
La 1ère est technique, c'est à dire s'orienter vers des postes techniques plus pointus (comme architecte technique). La 2ème est commerciale et dans ce cas revient à s'orienter vers des postes purement commerciaux.
- L'(les) intérêt(s) principal(ux) ?
L'intérêt principal de mon métier est la diversité des contacts et des affaires à gérer.
En effet, les besoins des clients sont divers et variés et donc les solutions à proposer sont tout autant variées. D'un autre côté, comme je couvre différents pays, je dois m'adapter à des cultures très différentes ce qui est très enrichissant.
- Eventuel(s) inconvénient(s)
Je n'en vois pas pour l'instant.
- Es-tu souvent amenée à te déplacer ?
Je suis amenée à beaucoup me déplacer. D'une part vers les pays que je couvre (l'Afrique francophone et la Libye). D'autre part vers l'Europe ou les Etats Unis dans le cadre des formations internes IBM ou dans le cadre de séminaires pour clients.
- Bon Tremplin pour.. ?
C'est un bon tremplin pour des postes à responsabilité géographique plus étendue.
Merci Sonia d'avoir bien voulu nous répondre !
07 septembre 2007
Feedback formations Diafora Consulting - Strategic Gender Diversity Consulting 2ème partie
Marie (EI00) a suivi la formation « Woman Young Leaders » proposée par DIAFORA CONSULTING, cabinet qui organise des formations destinées à promouvoir la mixité au sein des équipes de management en entreprise.
Cette formation regroupe durant une journée des femmes entre 25 et 35 ans de diverses entreprises (oui, oui, que des femmes dans une pièce… ce qui m’arrive rarement en tant qu’ingénieur). L’objectif est de prendre conscience qu’une carrière au féminin suit un cycle professionnel spécifique qu’il s’agit d’appréhender.
Nous sommes reçues dans la salle d’un hôtel parisien luxueux : idéal pour se couper du train-train du boulot et prendre du recul. Une très bonne ambiance est au rendez-vous, la formatrice a une pêche d’enfer (un bon objectif professionnel serait d’être comme ça tous les matins en arrivant au boulot). Tout de suite la journée s’annonce très riche : nous travaillons toutes dans des secteurs très différents (télécoms, automobile, cosmétiques, banques…) avec des approches en ressources humaines et des cultures d’entreprises très diverses… pourtant que de points communs entre nos expériences professionnelles !
Je vais tenter de vous résumer les grandes lignes du cycle professionnel au féminin (que vous pourrez retrouver plus détaillé sur le site de Diafora : http://www.diaforaconsulting.com/documents/0604LeTempsGeneva%5B1%5D.pdf)
Première période: l’ambition
C’est la phase de tous les possibles, elle court jusqu’au début de la trentaine. C’est l’âge des études, que les femmes réussissent très bien, puis du démarrage de la carrière. Les jeunes diplômées croient en l’égalité, elles pensent qu’à compétences égales et grâce à leur travail, elles auront les mêmes chances que les hommes d’accéder aux postes dirigeants.
Deuxième période: le choc culturel
Cette phase correspond à la trentaine. Les femmes sont confrontées à la réalité et aux nouvelles règles du jeu. Si elles n’y sont pas préparées, elles tombent de haut. C’est une phase de forte compétition professionnelle : dans les grandes entreprises, les talents et les potentiels sont souvent identifiés entre 30 et 35 ans. Or, en même temps, c’est une période clé au niveau personnel: elle correspond souvent à la naissance des enfants et à l’émergence de nouvelles contraintes. Le choc se produit aussi pour les femmes qui n’ont pas d’enfants : elles se rendent compte aussi que le fait d’être performante ne suffit pas. Désormais, les réseaux, la visibilité, les alliances et la stratégie mènent le jeu.
Troisième période: l’affirmation de soi
A partir de la quarantaine, une nouvelle phase s’ouvre. Durant cette période, de nombreuses femmes émergent, trouvent leur voie, osent s’affirmer telles qu’elles sont et prendre des chemins de traverse. C’est le moment où de nombreuses professionnelles fondent leur propre société, par exemple.
Notre mission : savoir être patiente, garder confiance en soi et ne pas baisser les bras pour atteindre la troisième période en pleine forme ! (Zut, la patience en termes de carrière ce n’est mon fort).
Cette formation permet de mettre des mots sur des situations que nous rencontrons toutes (parfois en essayant de les ignorer) et pour franchir les obstacles il est important pour commencer de bien les avoir cernés. La journée se poursuit avec de nombreux échanges sur les bonnes questions à se poser durant sa carrière, les techniques pour faire des choix avisés et de nombreux autres conseils.
Pour celles et ceux qui veulent suivre cette formation ou enchaîner sur un approfondissement, je ne saurais que vous inviter à consulter au plus vite les dates des prochaines sessions sur http://www.diaforaconsulting.com/ !
De mon côté, je profite d’un congé maternité pour prendre du recul et méditer ce sujet afin d’être prête à affronter le choc culturel.
05 septembre 2007
Feedback formations Diafora Consulting - Strategic Gender Diversity Consulting 1ère partie
http://www.diaforaconsulting.com/
Catherine (EG94) a suivi la formation « Woman Leadership » proposée par DIAFORA CONSULTING, cabinet qui organise des formations destinées à promouvoir la mixité au sein des équipes de management en entreprise.
Elle a bien voulu nous accorder un peu de son temps pour nous communiquer son feedback suite à la session. Merci à Catherine !
17 Octobre 2005. Me voici à Saint Germain en Laye, pour un séminaire (en anglais) entre femmes sur le thème du leadership, organisé par Diafora. Mes collègues, certains avec un petit sourire moqueur, d’autres franchement goguenards m’ont quittée la veille avec des commentaires plus ou moins fins sur les suffragettes et le bourrage de crâne que l’on ne va pas manquer de me faire pendant ces deux jours de résidence et de formation entre femmes. Bref, bien qu’ayant demandé moi-même à suivre ce séminaire dans le cadre du DIF obligatoire, après avoir lu un article élogieux dans un magazine économique, je ne suis plus trop sûre d’avoir fait le bon choix, et je me demande si les cours d’Espagnol (dont je n’ai nul besoin professionnellement) proposés par la DRH n’auraient pas été une meilleure option.
Dès les 30 premières minutes, il s’avère que ce choix était le bon. L’ambiance est décontractée, mais studieuse. Le rythme est soutenu, les sujets variés, pas le temps de s’ennuyer. Pour la plupart, nous travaillons pour des grandes entreprises internationales. Les nationalités sont variées : françaises bien sûr, mais également des britanniques, des italiennes, une américaine, et même une pakistanaise ! Nous sommes toutes là car nous avons conscience que l’égalité professionnelle hommes - femmes, bien qu’étant un sujet à la mode et une volonté affichée de la plupart de nos grandes entreprises, est loin d’être une réalité dans les faits. Nous voulons comprendre pourquoi, malgré nos diplômes et nos réalisations professionnelles, nous sommes si peu nombreuses à atteindre le sommet, pourquoi nos salaires sont bien souvent inférieurs à ceux de nos collègues masculins, pourquoi nos progressions de carrières sont plus lentes voire parfois bloquées. Pourtant lorsque nous avons reçu nos diplômes, nous étions persuadées (comme mes collègues de la veille), que le combat pour l’égalité des genres dans l’entreprise était ringard, dépassé, et qu’il appartenait à nos mères et à nos grands-mères. Tout avait bien démarré, salaire de départ équivalent voire supérieur à ceux de nos collègues de promo masculins, postes à la hauteur de nos espérances, et puis….10 ans après, 30% de salaire en moyenne en moins que ces mêmes collègues à poste plus ou moins équivalent (le titre ronflant en moins). Pourquoi ? A cause de la maternité effective ou supposée à venir, qui nous rendrait moins disponibles au sein de l’entreprise et diminuerait notre capacité ou notre volonté d’investissement professionnel ? Les femmes des pays développés ayant en moyenne 2 enfants, serait-il possible que 5 mois de congé maternité dans toute une vie justifient un ralentissement aussi brutal de la progression de carrière des femmes, et ceci sans espoir d’inversion ?
Le but du séminaire n’étant pas de larmoyer sur notre sort, mais de comprendre comment surmonter nos handicaps supposés, ces clichés, fortement véhiculés dans l’entreprise sont vite mis de côté. A travers des présentations courtes, des jeux de rôle, des moments d’échange et de réflexion, nous apprenons quelles sont nos forces et nos faiblesses et comment nous en servir pour faire progresser nos idées et nos carrières. Nous apprenons qu’il existe deux langages dans l’entreprise, celui des hommes et celui des femmes. Une attitude, un mot, un comportement, seront perçus différemment selon qu’ils sont véhiculés par une femme ou par un homme, et selon que notre interlocuteur est un homme ou une femme. Nous apprenons à parler le langage des hommes et à adopter leur comportement dans les situations qui le justifient. Nous prenons conscience de l’importance du « self marketing » et de la nécessité de mettre en avant nos réalisations, seule solution pour se faire reconnaître comme leaders potentiels dans un monde de décideurs exclusivement masculin. Nous apprenons à croire en nous-mêmes et en notre potentiel, à masquer nos faiblesses, à jongler avec plusieurs sujets à la fois, à ne plus nous focaliser sur des détails, et à ne plus avoir honte d’afficher nos ambitions.
Somme toute, nous apprenons ce que nous savons déjà plus ou moins intuitivement. Mais le fait d’extérioriser ces faits, de les analyser et d’en discuter avec les formateurs nous permet de construire chacune nos plans de bataille pour atteindre les objectifs que nous nous sommes fixés.
Ce séminaire en résidence est aussi l’occasion d’échanger expériences et anecdotes, de construire un réseau avec des femmes qui possèdent ou sont en voie de posséder de l’influence au sein de leur entreprise, et d’identifier les entreprises qui ont réellement compris les enjeux de la mixité et sont prêtes à nous offrir les opportunités dont nous rêvons. Les formateurs insistent aussi sur la nécessité économique, qui rend la présence de femmes aux postes stratégiques dans les entreprises indispensable. Les ingrédients sont en passe d’être réunis pour nous permettre enfin d’atteindre les sommets, à nous de les percevoir, de savoir bâtir notre stratégie et de conquérir les armes pour y parvenir !
19 Octobre 2005. De retour de ce séminaire, trop court à mon goût, mes collègues ricaneurs me trouvent transformée – plus sûre de moi et de mes idées. Je trouve même le courage (le culot diront certains) d’envoyer un email à mon PDG pour lui parler de la formation et essayer de le convaincre d’y envoyer d’autres femmes. Il me convoque même dans son bureau pour avoir plus de détails et renvoie mon email à la DRH pour manifester son intérêt à renouveler l’expérience. Mon enthousiasme et mon assurance donnent envie à mes rares collègues féminines de suivre ce séminaire - et la DRH fait un peu la tête devant les demandes réitérées de certaines. L’expérience est tellement positive, que je suis autorisée à m’inscrire pour le deuxième round « Leadership II », tout aussi passionnant, quelques mois plus tard. Mais je laisse cela pour la suite…
Bientôt un deuxième témoignage sur la formation "Woman Young Leader" de Diafora Consulting !


