31 mars 2008
Famille et boulot, comment gèrent les anciennes INT ? #1
Voici une série de posts qui s'adresse, cette fois, aux anciennes INT qui
sont à la fois femmes actives (au sens professionnel) et mamans.
Pour celles d'entre nous qui ont des enfants, le maître mot est bien souvent "organisation", afin de concilier la vie de famille et notre boulot.
J'ai posé des
questions à quelques unes d'entre nous, afin de savoir comment elles géraient
plusieurs aspects de cette "double vie" (sachant que la vraie vie est plutôt triple, ou même multiple, car n'oublions pas nos vies d"'amies", de "sportives", associative, etc...).
Je pense en effet qu'il est bénéfique d'échanger sur le sujet, de pêcher des
idées pourquoi pas, de se sentir moins isolée éventuellement face à cette
course contre la montre, qu'est parfois une simple journée de travail suivie de
la soirée en famille !
Je me propose dans ce post d'évoquer l'organisation
quotidienne, quand tout "roule". Il sera suivi de 2 autres billets,
portant respectivement sur l’attitude de l’entreprise par rapport aux jeunes
parents et l’éventuelle « nouvelle façon » de travailler après
l’arrivée d’un enfant, puis sur la gestion des imprévus et des vacances....
Parlons
« organisation » donc.
Le point qui est commun à la majorité d’entre
nous est la répartition matin/soir entre les parents. Les réponses de mon
échantillon (ne généralisons pas trop cependant, car je ne me base que sur 5 témoignages
d’anciennes :o) ) se répartissent en 2 camps :
- celui où
l’organisation est semi-figée [2/5] : le papa gère le matin, la maman le soir
par défaut ; on change ponctuellement en fonction des contraintes.
- Dans l’autre camp [3/5], la
répartition se fait en fin de week-end ou début de semaine pour la semaine à venir, selon les emplois
du temps.
Dans tous les cas, on essaye d’arriver à une certaine
« équité ». Le partage concerne à la fois les allées et venues à
l’école (/chez la nounou, /à la crêche), mais aussi les tâches ménagères, en
général.
J’ai toutefois constaté, dans mon entourage (collègues, connaissances), que c’est souvent la maman qui gère « la sortie ». Les managers et collègues accepteraient-ils plus facilement des contraintes horaires le soir de la part d’une femme avec enfant, plutôt que des papas ? Les mamans ont-elles plus envie d’un échange le soir avec la personne s’occupant des enfants ?… Ou tout simplement l’un des parents a-t-il une plus grande facilité pour moduler ses horaires. Quoique chez les cadres, on puisse généralement plus facilement arranger son emploi du temps que dans d’autres catégories d’emploi.
Ce que je retiens des
différentes réponses, ainsi que des discussions avec d’autres femmes actives,
c’est vraiment l’importance de la répartition des rôles, du partage des tâches.
J’ai plusieurs fois entendu ou lu, dans des conférences ou des interviews, des
témoignages de femmes ayant « fait carrière » et déclarant que
« pour réussir sa vie professionnelle, l’important c’est de choisir un bon
mari ! » [mais pas seulement, nous sommes bien d’accord… :o) ]. C'est p'têt pas faux...
Et pour vous, comment ça
se passe ?
25 mars 2008
Fiche métier - Laurence - Responsable de pôle dans l'intégration de services
Une nouvelle fiche métier de
Laurence (promo EM96) qui travaille pour Orange
Business Services, à Nantes.
Merci Laurence de nous avoir
répondu (et très rapidement en plus) !
- Bonjour Laurence, quel est l'intitulé de ton poste ?
Responsable pôle CERAC (centre pour la réalisation des affaires complexes).
- Et ça se passe chez... (et dans quel département ?)
Orange Business Services à l'UIA qui est l'Unité d'Intervention Affaires.
- Tes missions principales :
Management d’une équipe de 9 chefs de projets dans le domaine de l’intégration de services répartie en 5 sites sur l’Ouest de la France.
Amélioration de la satisfaction client.
Contrôle du déploiement, de la mise en service et du suivi des PV de recette des affaires complexes Voix et Data pour une facturation de 7M€ entre Juillet 06 et Juin 07.
- Et ton travail de tous les jours consiste en quoi concrètement ?
Concrètement j'anime mon équipe (affectation des affaires, suivi de leurs affaires, formation ...), j'interviens auprès d'autres service s'il y a des blocages sur des dossiers (manque de ressources, dossiers mal ficelés en avant vente...), j'anime des réunions transverses avec les agences entreprises commerciales de mon secteur et les équipes de production afin d'améliorer les déploiements et je fais le point tous les jours sur les rentrées de PV afin de réaliser un objectif de facturation positionné tous les mois.
Je rappelle également les clients lorsque les sondages de satisfaction post-production ne sont pas bons ou alors pendant le déploiement si besoin.
- Quels sont tes principaux interlocuteurs ?
En
interne:
Les
chefs de projets de mon équipe
Les
vendeurs et responsable de vente intégration
Les
ingénieurs technico-commerciaux
Les
experts et techniciens du domaine
Les
responsable de l'"unité d'affaires" service
intégration France de France Télécom/Orange
Business Services
En
externe:
Les
clients en général DSI ou responsables télécoms.
- Les pré-requis que l'on t'a demandé et/ou les postes types auxquels celui-ci peut faire suite ?
Un bon relationnel, savoir gérer une équipe à distance, une certaine curiosité technique, gestion de projets .
- L'(les) intérêt(s) principal(ux) ?
Je ne m'ennuie jamais.
Le management.
Le monde de l'intégration est un monde où rien n'est simple et où chaque projet est presque du sur-mesure. Les projets bien que je ne les pilote pas directement sont passionnants avec des clients très impactés par eux (Ex: WiFi dans les CHU pour le parcours du médicament).
- Eventuel(s) inconvénient(s)
Stress lié à la complexité des projets (difficultés à trouver les bonnes compétences, problèmes d'appro etc).
Je dois donc faire face à de nombreuses "escalades" internes.
La frustration de ne pas avoir toute mon équipe sur un même site
je suis presque 7 heures par jour au téléphone.
- Es-tu souvent amenée à te déplacer ?
Pas très souvent, une fois par mois la plupart du temps à Paris ou bien sur un de mes sites distants.
- Bon Tremplin pour.. ?
Responsable service client, management etc ...
Merci encore Laurence pour ta participation!
21 mars 2008
Soirée "Carrières au féminin"
Nous vous invitons, mardi 15 avril, à Levallois-Perret, à la soirée "Carrières au féminin" organisée par Marie, en partenariat avec les anciens de Télécom Paris et de l'INT, et de Devoteam !
18 mars 2008
Conduire un bus..., un rêve pour Kahina et Gaëlle
Le monde.fr du 28 janvier 2008
Laureen Ortiz
Se référant au cliché "femme au volant, mort au tournant", Kahina, 28 ans, de Noisy-le-Sec (Seine-Saint-Denis), veut croire que "les mentalités changent". Ces a priori l'ont pourtant empêchée de suivre les études de mécanique dont elle rêvait et de choisir le métier qui lui plaisait. "Dans mon milieu, les femmes conductrices de bus ou de poids lourds étaient mal vues", dit Kahina, fille d'un père routier et d'une mère femme au foyer. Elle décide donc de se lancer dans le secrétariat puis la restauration, mais sans succès. Aujourd'hui, après trois années de chômage, elle participe à l'opération "Femmes transports", sous la houlette de l'association d'insertion professionnelle Retravailler. Cette Algérienne pense avoir trouvé sa voie : chauffeur de car. A la suite d'une formation de trois mois, qui se terminera mi-février, elle espère intégrer l'entreprise où elle effectue un stage, les Courriers d'Ile-de-France (CIF), une société privée de transports de l'est de la banlieue parisienne. Espérant aussi obtenir le permis D (transports en commun), elle voudrait "prouver à (ses) frères qu'elle peut le faire".
Kahina, comme les dix femmes bénéficiant de cette formation financée par la délégation départementale aux droits des femmes, profite d'une tendance favorable. "Les entreprises de transport recherchent de plus en plus de conductrices et de femmes machinistes", souligne Françoise Candier, directrice du club d'entreprises Face 93, qui a organisé le 8 mars 2007, pour une cinquantaine de femmes, une visite d'un centre bus de la RATP. "Il était temps que ces sociétés ouvrent les yeux, note une participante, Gaëlle, 29 ans, de Romainville. Les femmes ont une conduite plus sécuritaire, plus confortable pour les clients, c'est statistique." Malgré leurs atouts pour la conduite, ces candidates souffraient, en général, d'un manque de formation. Pour être recruté à la RATP, il faut passer des tests que peu réussissent. C'est le constat de Mme Candier, à l'origine de cette remise à niveau confiée à Retravailler, qui dispense notamment des cours de français et de mathématiques.
"Elles ont aussi besoin de reprendre confiance en elles, de voir que ça avance. Il faut d'abord les préparer à ce métier perçu comme masculin, puis faire des stages", explique Ingrid Fleurant, qui pilote la formation. Issues de l'immigration pour la plupart, ces femmes cumulent les difficultés. Algérienne, Naïma, 25 ans, a connu de nombreux allers-retours entre la France et son pays d'origine. A l'adolescence, elle décide de rester en France, mais n'obtient pas le baccalauréat. "C'est là que ça devient dur", dit-elle. Elle tente un CAP consacré aux métiers de la petite enfance, mais réalise que "rester dans une pièce toute la journée" l'ennuie. Tout comme Gaëlle, qui a quitté la Martinique après le bac : "J'ai eu un emploi-jeune d'aide-éducatrice. Ce n'est pas un métier pour moi !" Aujourd'hui, elle ressent la "certitude" de pouvoir entrer à la RATP.
16 mars 2008
Travail / famille : les jeunes (hommes) cadres veulent tout concilier
Corinne sur son (excellent) blog "Tout pour Elles" commente une enquête inédite et très intéressante (dixit Corinne et je lui fais confiance) sur la paternité et le travail, réalisée auprès de 400 pères cadres âgés de 30 à 40 ans.
Il en ressort que les hommes aspirent de plus en plus à un équilibre entre leur vie professionnelle et personnelle, ce que je constate plutôt aussi dans mon entourage professionnel (et vous ?).
Je vous laisse lire plus en détail l'article de Corinne sur le sujet.
[Prochainement, une série de billets abordera justement ce thème de la conciliation vie professionnelle/personnelle avec notamment quelques anciennes INT "à enfant(s)" :o) qui ont bien voulu répondre à quelques unes de mes questions. Il serait peut-être intéressant de recueillir également le point de vue des anciens !]
15 mars 2008
Mobilisation pour les femmes du 93
Le monde.fr du 28 janvier 2008
Laureen Ortiz
Elles sont en général caissières ou aides à domicile... Une vocation ? Plutôt un "problème d'orientation", répondent certaines habitantes de la Seine-Saint-Denis, qui désirent se reconvertir après s'être engagées dans ces deux filières. Dans ce département du nord de la banlieue parisienne, où le taux de chômage est supérieur de trois points à celui de la moyenne nationale (11,2 % fin 2006 selon l'Insee), les deux tiers des femmes exercent seulement six métiers : secrétaire, femme de ménage, infirmière, aide à domicile, caissière, institutrice.
Taylan Coskun, collaborateur du vice-président du conseil général chargé de l'emploi, estime, lui aussi, que "ces femmes sont les victimes du système d'orientation". Pour y remédier, le département a décidé d'organiser à Montreuil, le 31 janvier et le 1er février, les Assises de l'emploi féminin, où sera notamment discutée la question de l'égalité dans l'orientation et la formation professionnelle. Un rendez-vous - où une quarantaine d'entreprises et d'organismes de formation devraient être présents - censé "élargir l'éventail des métiers possibles", poursuit M. Coskun.
A la mission locale de Saint-Denis, qui aide les 16-25 ans à trouver du travail, "la plupart des filles cherchent à travailler dans la petite enfance, note une conseillère, mais pour vraiment les aider, il faut - et c'est évidemment paradoxal - commencer par déconstruire leur projet ". Sinon, s'engageant dans une impasse, elles peuvent se retrouver au chômage pour une longue période. A l'Agence nationale pour l'emploi (ANPE), Dominique Clochon, directrice de l'antenne départementale de l'agence, constate que "la baisse du chômage depuis 2004 a bénéficié plus fortement aux hommes qu'aux femmes, cet écart étant très marqué chez les plus de 50 ans". Le phénomène n'est guère étonnant, car les secteurs en tension - ceux qui embauchent ou connaissent une pénurie de main-d'oeuvre - sont occupés en grande partie par des hommes : le bâtiment, les transports ou la restauration. Les habitantes de la Seine-Saint-Denis - comme beaucoup d'autres femmes sur le marché du travail national - continuent donc de rechercher des emplois d'aide à domicile ou de secrétaire. Les personnes qui guettent ces offres sont à 98 % des femmes, indique Mme Clochon. Mais cette concentration féminine fonctionne comme une trappe à chômage : nombreuses à frapper à des portes qui ne s'ouvrent pas, les femmes gonflent les rangs de chômeurs. "On compte 55 % de femmes inscrites contre 45 % d'hommes à la mission locale de Saint-Denis", tandis qu'à celle de Montreuil, "elles sont 51 % contre 49 %". "Les femmes sont devenues majoritaires parmi nos inscrits. La situation s'est inversée depuis cinq ans, explique Martine Godart, coordinatrice emploi à la mission locale de Montreuil. Pourtant, elles sont plus diplômées que les garçons." Et sur le marché du travail, elles n'occupent que 37 % des emplois du département.
Cette situation s'explique d'abord par une série des handicaps propres au département. Parmi eux, la discrimination à l'embauche pour ceux ou celles issus de l'immigration. Autre difficulté : la population de la Seine-Saint-Denis souffre d'un "déficit de formation" qui freine l'accès à l'emploi. La question de la mobilité est aussi un enjeu, le coût des transports - notamment pour se déplacer de banlieue à banlieue - est souvent rédhibitoire. Les femmes cumulent d'autres contraintes. Première d'entre elles : la garde des enfants. "99 % des allocataires parents isolés en Seine-Saint-Denis sont des femmes", relève Mme Clochon. Il faut aussi évoquer la question de la violence conjugale, note une conseillère de la mission locale de Saint-Denis. L'érosion du chômage dans le département masque également une autre réalité : la progression du nombre d'allocataires du revenu minimum d'insertion (RMI), passé de 45 000 à 51 400 en deux ans, et la baisse du nombre de contrats à durée indéterminée au profit de l'emploi intérimaire ou à temps partiel. Une forme de précarité qui touche avant tout les femmes.
Pour ces raisons, et parce qu'elles y voient un atout commercial, des entreprises s'efforcent d'attirer des candidates. La section locale de la Régie des transports parisiens (RATP), où une minorité des conducteurs sont des femmes (7 %), espère ainsi changer la donne. "Des équipes mixtes, c'est plus agréable, pour les clients et pour les salariés", confie Marie-Pascale Bayart, responsable prévention urbaine à la RATP 93.
12 mars 2008
L'émission « Enfant à louer » inquiète le gouvernement des Pays-Bas
Le monde.fr du 25 janvier 2008
Jean-Pierre Stroobants
Pour ce programme de télé-réalité produit par Endemol, des bébés ou des adolescents sont « prêtés » à des couples. Le ministre néerlandais de la jeunesse et de la famille a demandé au Conseil pour la protection des enfants d'ouvrir une enquête sur une émission de télé-réalité diffusée depuis le 20 janvier par le programme BNN de la troisième chaîne publique néerlandaise. Produit par la société Endemol, « Baby te huur » (« Enfant à louer ») est l'adaptation d'un projet de la BBC. Il vise à confronter quatre couples à des enfants.
10 mars 2008
Claire (EI01) répond à nos questions sur son MBA
Claire est issue de la promo 2001 de Télécom INT et a rejoint en septembre 2007 le MBA de HEC. Nous avons pensé que son interview ci-dessous pourrait intéresser à la fois les anciennes tentées par ce type de formation, mais aussi les autres.
Me situant dans la deuxième catégorie, j'ai tout de même été captivée par les réponses de Claire!
Claire, merci encore de m'avoir accordé une soirée de tes courtes vacances ! Et nous nous retrouverons bientôt pour parler, cette fois, de « Women in Leadership », le réseau féminin du MBA HEC, dont tu es la présidente.
Anne-Sophie
: Bonsoir Claire, pourquoi as-tu choisi de faire un MBA ? Quel
est ton objectif et comment s'inscrit ce MBA par rapport à cet
objectif ?
Claire
: Pour répondre à la
question, je vais d'abord te donner mes raisons au moment de
postuler, puis ce que je pense que ça va m'apporter :
Au
moment de postuler: c'était pour m'aider à partir à
l'étranger. A l'époque j'avais regardé des
postes en Asie (Florent [ndlr: son mari] voulait partir au Japon ou a
Singapour). Je me suis aperçue que les postes étaient
soit très techniques, soit très commerciaux. Bref mon
profil de chef de projet était entre deux. En me renseignant
sur les carrières à l'étranger, j'ai vu que les
pays anglo-saxons valorisaient énormément les MBAs,
alors je me suis dit que ça pouvait être pour moi. Au
delà du poste à court terme, j'y ai vu un moyen de
m'assurer une progression de carrière sur le moyen-long terme.
Je pense que c'est très féminin mais je me disais que
le MBA serait un outil de plus que je pourrai valoriser sur mon CV.
Donc en résumé: mobilité géographique + progression professionelle. Une autre motivation était la mobilité en terme de poste. Avec un MBA, on acquiert une vision globale de l'entreprise (c'est rassurant pour oser postuler en dehors de son domaine de prédilection) et l'employeur le sait (il donnera plus facilement sa chance à un MBA). Alors je me suis dit que si on connaissait à nouveau une crise comme en 2001, ça pourrait m'aider à rebondir. Voilà, je pense que ce sont les raisons qui m'ont poussée à postuler.
Maintenant, pour ce que ça m'apporte réellement. La mobilité internationale, je pense que je l'aurais eue sans MBA... à condition de savoir "me vendre". Mais ce qui est sûr c'est que le MBA est une occasion unique pour rencontrer des personnes de culture différente. . Bien au-delà de la langue, il y a la culture du pays, de la religion, du domaine professionnel... Lorsque je suis sur le campus d'HEC, je ne suis pas en France. Nous ne sommes que 12% de Français, derrière les Indiens et Américains. La langue de travail mais aussi d'échange est l'anglais. La DIVERSITE, c'est vraiment un point clé du programme.
Ensuite, je pense que le MBA m'a donné beaucoup de confiance en moi. J'ai découvert que 1- on ne peut pas être parfait(e) = fin d'un grand mythe pour bcp de femmes ;) et 2- il n'y a pas qu'une seule façon d'être bon et de réussir. Je pense que le 2e point notamment m'aidera lorsque je gérerai des équipes. Avant, je me posais des tas de questions sur comment était perçue mon autorité, mon leadership etc... Maintenant, je sais un peu mieux comment je veux gérer mes collègues et je me poserai moins de questions métaphysiques!
Auparavant je pensais qu'il y avait UN style de management à trouver, maintenant je m'aperçois qu'il y a PLUSIEURS styles et qu'il faut savoir les utiliser en fonction des personnes et des situations... tout en restant cohérent! Ca peut paraître plus compliqué mais finalement, je me sens plus à l'aise. Je me dis qu'il est normal d'avoir de l'autorité, d'être directif (à ne pas confondre avec "autoritaire") dans certaines situations (ex. il y a le feu, il faut prendre des décisions) et être plutôt dans un mode coopératif lorsqu'il s'agit de stimuler la créativité.
Anne-Sophie : Intéressante cette réflexion, il est vrai qu'on a rarement l'occasion de creuser ce type d'idées en entreprises... MBA= moment de prendre du recul?
Claire
: OUI tout à fait, non
seulement parce qu'on sort le nez du guidon mais aussi parce qu'on
rencontre d'autres personnes avec d'autres priorités et
lorsqu'on envisage quelque chose de nouveau, on se dit "Pourquoi
pas?" plutôt que "Mais pour y arriver, il me faudrait
x, y, z...".
Anne-Sophie : Petite digression, Claire : peux-tu préciser ce que tu veux dire par "je pense que c'est très féminin" quand tu parles de valorisation de CV (là, je rejoins les thèmes chers aux réseaux féminins :) )
Claire : Je pense que les femmes se sentent obligées d'en faire toujours plus. Tout le monde admet qu'il faut qu'elles travaillent plus que les hommes, qu'elles aient plus de résultats pour accéder aux mêmes postes (objectivement) mais je crois qu'intrinsèquement, on a besoin de se prouver à nous-même (indépendamment des autres) que l'on peut le faire, qu'on peut toujours faire mieux.
J'ai rencontré beaucoup de Senior Executives: Georgia Garinois, VP chez Johnson&Johnson, Clara Gaymard de GE, Marie-Claude Peyrache. Elles ont exactement ce discours et pourtant ce sont des femmes de tête, pas du genre à s'apitoyer sur leur sort.
Anne-Sophie
: Je vois : moi-même, j'aime bien le côté
"vous avez vu, c'est écrit, j'ai fait ça" des
formations sur le cv !
Claire
: Tu as tout à fait compris ce que je voulais dire !!
Anne-Sophie
: Quel type de poste (et dans quelle entreprise) occupais-tu avant de
faire ton MBA ? Quel type de poste /entreprise vises-tu ensuite ?
Juste apres ton MBA mais aussi dans 10 ans.
Claire
: J'étais consultante chez Beijaflore Network, en
mission à la Société Générale.
J'étais Directrice de projet - c'est pompeux ;) - pour la
refonte du réseau de données du Siège. Un projet
de 3ans, 8M€, 6 personnes dans l'équipe plus des
sous-traitants. J'ai eu une chance incroyable avec cette mission car
j'ai beaucoup appris: j'ai travaillé très en amont pour
rédiger le business case et justifier le lancement du projet
puis j'ai réalisé tout le cadrage et piloté
jusqu'aux premiers déploiements.
Après mon MBA, je souhaite me réorienter vers le marketing, toujours dans l'IT. La gestion de projet technique, cela me plaisait mais je ne pouvais pas vraiment exprimer ma créativité. En plus, je manquais un peu de vision stratégique par rapport à l'entreprise. Mais bon, ça c'est plutôt lié aux entreprises pour qui j'ai bossé: le service informatique était une fonction support. Si j'avais bossé chez un opérateur, éditeur logiciel ou géant de l'Internet, j'aurais eu un autre point de vue.
Sinon, dans 10 ans? Retraitée, vivant de mes stock-options? ;) Non franchement, ça fait longtemps que j'ai abandonné les plans de carrière à 10 ans!
Anne-Sophie : comment as-tu financé ton MBA ? Fond propre, bourse, financé par ton entreprise ? As-tu calculé un retour sur investissement ?
Claire : Il faut savoir que de moins en moins de boîtes paient des MBA à leurs employés. Maintenant elles préfèrent les laisser financer leur MBA, quitte à leur rembourser après s'ils reviennent.
Le MBA d'HEC, c'est 39 000 euros (parmi les moins chers du marché!). J'ai eu la chance d'avoir une bourse de 15 000 euros donc ça fait 24000 euros de ma poche... Et, cette année, c'est le salaire de mon mari qui paie le loyer, la nourriture etc...
Il y a cependant un bon point : je peux déduire tous ces frais de nos revenus (frais de formation).
Je voudrais insister sur le fait que l'aspect financier - même s'il donne lieu à de savants montages - ne doit vraiment pas être un frein. On trouve toujours un financement: les banques ne posent pas de problème. Et le retour sur investissement est généralement de 2 ans. Dans le cas des MBA d'HEC, IMD et INSEAD, c'est encore plus court car les programmes ne sont pas aussi longs qu'aux US et il y a de plus en plus de bourses (basées sur le mérite, pas sur les ressources financières).
Anne-Sophie: Comment as-tu préparé tes dossiers pour faire un MBA ? Toute seule, réseau des anciens, anciennes, organisme de formation (Kaplan, MBA Center) ? Combien de temps as-tu mis ?
Claire
: J’ai préparé très sérieusement
les tests d’admission. Trois mois avant de passer le TOEIC et le
GMAT, je me suis entraînée aux exercices environ deux
heures par jour à l’aide de bouquins. J’ai été
récompensée car j’ai obtenu 985/990 au TOEIC et
720/800 au GMAT. Deuxième étape à franchir :
rédiger cinq essais en anglais sur des sujets tels que ma
motivation à intégrer un MBA, mon plus important
succès, mon échec le plus cuisant, la manière
dont je comptais financer ma formation, la carrière que
j’aurais pu avoir si j’avais choisi une autre voie... Pour mettre
toutes les chances de mon coté, j’ai fait relire mes essais
par un ami ; ses remarques m'ont non seulement
permis d'améliorer la forme mais aussi d'enrichir le fond.
Résultat des courses : j’ai été sélectionnée
pour les oraux.
Anne-Sophie : pourquoi le MBA de HEC ? Quels étaient les autres MBA qui t'intéressaient ?
Claire: J'ai postulé à HEC et INSEAD pour plein de raisons (il n'y a pas d'ordre) : - Ils sont en France donc plus pratiques vis à vis de la famille mais aussi du coût de la vie (LBS à Londres, c'est beaucoup beaucoup plus cher) - Ce sont des MBA courts donc avec un retour sur investissement rapide - Ils sont très bien placés dans les "rankings" (en particulier celui du Financial Times).
A l'INSEAD, j'ai été sélectionnée pour les interviews mais l'une d'elle s'est mal passée. C’était la première fois que cela m’arrivait : l’« interviewer » comprenait tout ce que je disais à l'envers, il fallait que je me justifie tout le temps… bref pas du tout le bon "fit ».
A posteriori, je comprends pourquoi je n'ai pas été prise à l'INSEAD et je ne le regrette pas. A l'INSEAD, il faut entrer en sachant ce qu'on veut faire en sortant. Il y a tellement de boulot et le programme est tellement court qu'il y a peu de temps laissé pour l'introspection.
A
HEC, c'est différent. Déjà l'ambiance est plus
collaborative. Et même si l'on croule sous le boulot, il y a
beaucoup de travail sur les "soft skills", le leadership,
les valeurs... bref on découvre beaucoup de choses sur soi et
ça permet de savoir ce qu'on veut faire plus tard. Et quand je
dis plus tard, ce n'est pas seulement à la sortie du MBA.
Anne-Sophie
: comment vois-tu ton avenir professionnel et personnel ? Notamment
en terme d'équilibre vie privée / vie professionnelle.
Claire
: C'est marrant, mais je t'aurais fait une réponse très
différente il y a un mois... Je t'aurais dit alors "euh...
je sais que ça va être dur mais on fera avec, en
particulier avec une bonne nounou".
Réponse
maintenant, c'est-à-dire après une conférence de
Clara Gaymard, Présidente de GE France et mère de 9
enfants (si, si!) : je sais qu'en ayant des enfants, je vais
développer des qualités qui m'aideront dans ma
carrière: accepter que tout ne peut pas être parfait.
Guider mes collaborateurs tout en leur laissant de l'autonomie, les
aider à "grandir", savoir négocier... être
exigeante mais juste...
Maintenant
sur la gestion au quotidien, la réponse d'il y a un
mois est toujours vraie: la gestion de l'emploi du temps se fera avec
les moyens à disposition. Mais ce que m'a apporté la
conférence, c'est l'assurance que la vie personnelle pouvait
enrichir la vie professionnelle, et vice versa.
Anne-Sophie
: Il est vrai que je ne pense pas souvent à rapprocher les
deux expériences. L'entreprise promeut une telle séparation
des vies privées et professionnelles, c'est peut-être
pour cela (alors que je suis persuadée que les femmes
s'épanouissent mieux sans cloisonner- ce qui est peut-être
différent pour les hommes).
Claire:
Oui, je suis tout à fait de ton avis. Je t'avoue que cette
conférence a vraiment changé ma vision de ces deux
mondes que la plupart des gens essaient de dissocier.
Anne-Sophie
: Intéressant tout cela, elle est disponible quelque part,
cette conférence ? :)
Claire
: Malheureusement, non. C'était interne à HEC. Mais
dans le même genre - pas le même style, mais le même
effet - il y a les conférences d'Avivah Wittenberg Cox du
cabinet Diafora (aujourd'hui en partie renommé « 20-first
Century »).
[Où l'on reboucle en fin d'interview sur le cabinet grâce auquel Marie et Catherine avaient suivi des formations « Woman Young Leaders » et « Woman Leadership » : voir ces 2 posts (http://intfeminin.canalblog.com/archives/2007/09/07/6061686.html) et (http://intfeminin.canalblog.com/archives/2007/09/05/6061624.html)]
Merci beaucoup Claire, d'avoir pris de ton temps pour nous répondre, ce fut un échange très enrichissant. Nous te souhaitons une bonne poursuite de ton MBA !
09 mars 2008
Cette année encore, "madame le maire" restera une exception
Le monde.fr du 24 janvier 2008
Anne Chemin
Selon l'Observatoire de la parité, 85 % des têtes de liste pour les élections municipales sont des hommes dans les villes de plus de 20 000 habitants. Depuis 2001, l'obligation de l'alternance homme-femme sur les listes a toutefois confuit à féminiser les conseils municipaux, puisque 47,7 % des élus sont désormais des femmes. Le cru 2008 des municipales risque d'être très masculin : dans les villes de plus de 20 000 habitants, l'Observatoire de la parité estime que 85 % des têtes de liste des municipales sont des hommes. "Malgré la parité, les partis politiques ont encore beaucoup de mal à faire confiance aux femmes, constate la présidente de l'Observatoire, la députée (UMP) Marie-Jo Zimmermann.




