12 mars 2008
L'émission « Enfant à louer » inquiète le gouvernement des Pays-Bas
Le monde.fr du 25 janvier 2008
Jean-Pierre Stroobants
Pour ce programme de télé-réalité produit par Endemol, des bébés ou des adolescents sont « prêtés » à des couples. Le ministre néerlandais de la jeunesse et de la famille a demandé au Conseil pour la protection des enfants d'ouvrir une enquête sur une émission de télé-réalité diffusée depuis le 20 janvier par le programme BNN de la troisième chaîne publique néerlandaise. Produit par la société Endemol, « Baby te huur » (« Enfant à louer ») est l'adaptation d'un projet de la BBC. Il vise à confronter quatre couples à des enfants.
10 mars 2008
Claire (EI01) répond à nos questions sur son MBA
Claire est issue de la promo 2001 de Télécom INT et a rejoint en septembre 2007 le MBA de HEC. Nous avons pensé que son interview ci-dessous pourrait intéresser à la fois les anciennes tentées par ce type de formation, mais aussi les autres.
Me situant dans la deuxième catégorie, j'ai tout de même été captivée par les réponses de Claire!
Claire, merci encore de m'avoir accordé une soirée de tes courtes vacances ! Et nous nous retrouverons bientôt pour parler, cette fois, de « Women in Leadership », le réseau féminin du MBA HEC, dont tu es la présidente.
Anne-Sophie
: Bonsoir Claire, pourquoi as-tu choisi de faire un MBA ? Quel
est ton objectif et comment s'inscrit ce MBA par rapport à cet
objectif ?
Claire
: Pour répondre à la
question, je vais d'abord te donner mes raisons au moment de
postuler, puis ce que je pense que ça va m'apporter :
Au
moment de postuler: c'était pour m'aider à partir à
l'étranger. A l'époque j'avais regardé des
postes en Asie (Florent [ndlr: son mari] voulait partir au Japon ou a
Singapour). Je me suis aperçue que les postes étaient
soit très techniques, soit très commerciaux. Bref mon
profil de chef de projet était entre deux. En me renseignant
sur les carrières à l'étranger, j'ai vu que les
pays anglo-saxons valorisaient énormément les MBAs,
alors je me suis dit que ça pouvait être pour moi. Au
delà du poste à court terme, j'y ai vu un moyen de
m'assurer une progression de carrière sur le moyen-long terme.
Je pense que c'est très féminin mais je me disais que
le MBA serait un outil de plus que je pourrai valoriser sur mon CV.
Donc en résumé: mobilité géographique + progression professionelle. Une autre motivation était la mobilité en terme de poste. Avec un MBA, on acquiert une vision globale de l'entreprise (c'est rassurant pour oser postuler en dehors de son domaine de prédilection) et l'employeur le sait (il donnera plus facilement sa chance à un MBA). Alors je me suis dit que si on connaissait à nouveau une crise comme en 2001, ça pourrait m'aider à rebondir. Voilà, je pense que ce sont les raisons qui m'ont poussée à postuler.
Maintenant, pour ce que ça m'apporte réellement. La mobilité internationale, je pense que je l'aurais eue sans MBA... à condition de savoir "me vendre". Mais ce qui est sûr c'est que le MBA est une occasion unique pour rencontrer des personnes de culture différente. . Bien au-delà de la langue, il y a la culture du pays, de la religion, du domaine professionnel... Lorsque je suis sur le campus d'HEC, je ne suis pas en France. Nous ne sommes que 12% de Français, derrière les Indiens et Américains. La langue de travail mais aussi d'échange est l'anglais. La DIVERSITE, c'est vraiment un point clé du programme.
Ensuite, je pense que le MBA m'a donné beaucoup de confiance en moi. J'ai découvert que 1- on ne peut pas être parfait(e) = fin d'un grand mythe pour bcp de femmes ;) et 2- il n'y a pas qu'une seule façon d'être bon et de réussir. Je pense que le 2e point notamment m'aidera lorsque je gérerai des équipes. Avant, je me posais des tas de questions sur comment était perçue mon autorité, mon leadership etc... Maintenant, je sais un peu mieux comment je veux gérer mes collègues et je me poserai moins de questions métaphysiques!
Auparavant je pensais qu'il y avait UN style de management à trouver, maintenant je m'aperçois qu'il y a PLUSIEURS styles et qu'il faut savoir les utiliser en fonction des personnes et des situations... tout en restant cohérent! Ca peut paraître plus compliqué mais finalement, je me sens plus à l'aise. Je me dis qu'il est normal d'avoir de l'autorité, d'être directif (à ne pas confondre avec "autoritaire") dans certaines situations (ex. il y a le feu, il faut prendre des décisions) et être plutôt dans un mode coopératif lorsqu'il s'agit de stimuler la créativité.
Anne-Sophie : Intéressante cette réflexion, il est vrai qu'on a rarement l'occasion de creuser ce type d'idées en entreprises... MBA= moment de prendre du recul?
Claire
: OUI tout à fait, non
seulement parce qu'on sort le nez du guidon mais aussi parce qu'on
rencontre d'autres personnes avec d'autres priorités et
lorsqu'on envisage quelque chose de nouveau, on se dit "Pourquoi
pas?" plutôt que "Mais pour y arriver, il me faudrait
x, y, z...".
Anne-Sophie : Petite digression, Claire : peux-tu préciser ce que tu veux dire par "je pense que c'est très féminin" quand tu parles de valorisation de CV (là, je rejoins les thèmes chers aux réseaux féminins :) )
Claire : Je pense que les femmes se sentent obligées d'en faire toujours plus. Tout le monde admet qu'il faut qu'elles travaillent plus que les hommes, qu'elles aient plus de résultats pour accéder aux mêmes postes (objectivement) mais je crois qu'intrinsèquement, on a besoin de se prouver à nous-même (indépendamment des autres) que l'on peut le faire, qu'on peut toujours faire mieux.
J'ai rencontré beaucoup de Senior Executives: Georgia Garinois, VP chez Johnson&Johnson, Clara Gaymard de GE, Marie-Claude Peyrache. Elles ont exactement ce discours et pourtant ce sont des femmes de tête, pas du genre à s'apitoyer sur leur sort.
Anne-Sophie
: Je vois : moi-même, j'aime bien le côté
"vous avez vu, c'est écrit, j'ai fait ça" des
formations sur le cv !
Claire
: Tu as tout à fait compris ce que je voulais dire !!
Anne-Sophie
: Quel type de poste (et dans quelle entreprise) occupais-tu avant de
faire ton MBA ? Quel type de poste /entreprise vises-tu ensuite ?
Juste apres ton MBA mais aussi dans 10 ans.
Claire
: J'étais consultante chez Beijaflore Network, en
mission à la Société Générale.
J'étais Directrice de projet - c'est pompeux ;) - pour la
refonte du réseau de données du Siège. Un projet
de 3ans, 8M€, 6 personnes dans l'équipe plus des
sous-traitants. J'ai eu une chance incroyable avec cette mission car
j'ai beaucoup appris: j'ai travaillé très en amont pour
rédiger le business case et justifier le lancement du projet
puis j'ai réalisé tout le cadrage et piloté
jusqu'aux premiers déploiements.
Après mon MBA, je souhaite me réorienter vers le marketing, toujours dans l'IT. La gestion de projet technique, cela me plaisait mais je ne pouvais pas vraiment exprimer ma créativité. En plus, je manquais un peu de vision stratégique par rapport à l'entreprise. Mais bon, ça c'est plutôt lié aux entreprises pour qui j'ai bossé: le service informatique était une fonction support. Si j'avais bossé chez un opérateur, éditeur logiciel ou géant de l'Internet, j'aurais eu un autre point de vue.
Sinon, dans 10 ans? Retraitée, vivant de mes stock-options? ;) Non franchement, ça fait longtemps que j'ai abandonné les plans de carrière à 10 ans!
Anne-Sophie : comment as-tu financé ton MBA ? Fond propre, bourse, financé par ton entreprise ? As-tu calculé un retour sur investissement ?
Claire : Il faut savoir que de moins en moins de boîtes paient des MBA à leurs employés. Maintenant elles préfèrent les laisser financer leur MBA, quitte à leur rembourser après s'ils reviennent.
Le MBA d'HEC, c'est 39 000 euros (parmi les moins chers du marché!). J'ai eu la chance d'avoir une bourse de 15 000 euros donc ça fait 24000 euros de ma poche... Et, cette année, c'est le salaire de mon mari qui paie le loyer, la nourriture etc...
Il y a cependant un bon point : je peux déduire tous ces frais de nos revenus (frais de formation).
Je voudrais insister sur le fait que l'aspect financier - même s'il donne lieu à de savants montages - ne doit vraiment pas être un frein. On trouve toujours un financement: les banques ne posent pas de problème. Et le retour sur investissement est généralement de 2 ans. Dans le cas des MBA d'HEC, IMD et INSEAD, c'est encore plus court car les programmes ne sont pas aussi longs qu'aux US et il y a de plus en plus de bourses (basées sur le mérite, pas sur les ressources financières).
Anne-Sophie: Comment as-tu préparé tes dossiers pour faire un MBA ? Toute seule, réseau des anciens, anciennes, organisme de formation (Kaplan, MBA Center) ? Combien de temps as-tu mis ?
Claire
: J’ai préparé très sérieusement
les tests d’admission. Trois mois avant de passer le TOEIC et le
GMAT, je me suis entraînée aux exercices environ deux
heures par jour à l’aide de bouquins. J’ai été
récompensée car j’ai obtenu 985/990 au TOEIC et
720/800 au GMAT. Deuxième étape à franchir :
rédiger cinq essais en anglais sur des sujets tels que ma
motivation à intégrer un MBA, mon plus important
succès, mon échec le plus cuisant, la manière
dont je comptais financer ma formation, la carrière que
j’aurais pu avoir si j’avais choisi une autre voie... Pour mettre
toutes les chances de mon coté, j’ai fait relire mes essais
par un ami ; ses remarques m'ont non seulement
permis d'améliorer la forme mais aussi d'enrichir le fond.
Résultat des courses : j’ai été sélectionnée
pour les oraux.
Anne-Sophie : pourquoi le MBA de HEC ? Quels étaient les autres MBA qui t'intéressaient ?
Claire: J'ai postulé à HEC et INSEAD pour plein de raisons (il n'y a pas d'ordre) : - Ils sont en France donc plus pratiques vis à vis de la famille mais aussi du coût de la vie (LBS à Londres, c'est beaucoup beaucoup plus cher) - Ce sont des MBA courts donc avec un retour sur investissement rapide - Ils sont très bien placés dans les "rankings" (en particulier celui du Financial Times).
A l'INSEAD, j'ai été sélectionnée pour les interviews mais l'une d'elle s'est mal passée. C’était la première fois que cela m’arrivait : l’« interviewer » comprenait tout ce que je disais à l'envers, il fallait que je me justifie tout le temps… bref pas du tout le bon "fit ».
A posteriori, je comprends pourquoi je n'ai pas été prise à l'INSEAD et je ne le regrette pas. A l'INSEAD, il faut entrer en sachant ce qu'on veut faire en sortant. Il y a tellement de boulot et le programme est tellement court qu'il y a peu de temps laissé pour l'introspection.
A
HEC, c'est différent. Déjà l'ambiance est plus
collaborative. Et même si l'on croule sous le boulot, il y a
beaucoup de travail sur les "soft skills", le leadership,
les valeurs... bref on découvre beaucoup de choses sur soi et
ça permet de savoir ce qu'on veut faire plus tard. Et quand je
dis plus tard, ce n'est pas seulement à la sortie du MBA.
Anne-Sophie
: comment vois-tu ton avenir professionnel et personnel ? Notamment
en terme d'équilibre vie privée / vie professionnelle.
Claire
: C'est marrant, mais je t'aurais fait une réponse très
différente il y a un mois... Je t'aurais dit alors "euh...
je sais que ça va être dur mais on fera avec, en
particulier avec une bonne nounou".
Réponse
maintenant, c'est-à-dire après une conférence de
Clara Gaymard, Présidente de GE France et mère de 9
enfants (si, si!) : je sais qu'en ayant des enfants, je vais
développer des qualités qui m'aideront dans ma
carrière: accepter que tout ne peut pas être parfait.
Guider mes collaborateurs tout en leur laissant de l'autonomie, les
aider à "grandir", savoir négocier... être
exigeante mais juste...
Maintenant
sur la gestion au quotidien, la réponse d'il y a un
mois est toujours vraie: la gestion de l'emploi du temps se fera avec
les moyens à disposition. Mais ce que m'a apporté la
conférence, c'est l'assurance que la vie personnelle pouvait
enrichir la vie professionnelle, et vice versa.
Anne-Sophie
: Il est vrai que je ne pense pas souvent à rapprocher les
deux expériences. L'entreprise promeut une telle séparation
des vies privées et professionnelles, c'est peut-être
pour cela (alors que je suis persuadée que les femmes
s'épanouissent mieux sans cloisonner- ce qui est peut-être
différent pour les hommes).
Claire:
Oui, je suis tout à fait de ton avis. Je t'avoue que cette
conférence a vraiment changé ma vision de ces deux
mondes que la plupart des gens essaient de dissocier.
Anne-Sophie
: Intéressant tout cela, elle est disponible quelque part,
cette conférence ? :)
Claire
: Malheureusement, non. C'était interne à HEC. Mais
dans le même genre - pas le même style, mais le même
effet - il y a les conférences d'Avivah Wittenberg Cox du
cabinet Diafora (aujourd'hui en partie renommé « 20-first
Century »).
[Où l'on reboucle en fin d'interview sur le cabinet grâce auquel Marie et Catherine avaient suivi des formations « Woman Young Leaders » et « Woman Leadership » : voir ces 2 posts (http://intfeminin.canalblog.com/archives/2007/09/07/6061686.html) et (http://intfeminin.canalblog.com/archives/2007/09/05/6061624.html)]
Merci beaucoup Claire, d'avoir pris de ton temps pour nous répondre, ce fut un échange très enrichissant. Nous te souhaitons une bonne poursuite de ton MBA !
09 mars 2008
Cette année encore, "madame le maire" restera une exception
Le monde.fr du 24 janvier 2008
Anne Chemin
Selon l'Observatoire de la parité, 85 % des têtes de liste pour les élections municipales sont des hommes dans les villes de plus de 20 000 habitants. Depuis 2001, l'obligation de l'alternance homme-femme sur les listes a toutefois confuit à féminiser les conseils municipaux, puisque 47,7 % des élus sont désormais des femmes. Le cru 2008 des municipales risque d'être très masculin : dans les villes de plus de 20 000 habitants, l'Observatoire de la parité estime que 85 % des têtes de liste des municipales sont des hommes. "Malgré la parité, les partis politiques ont encore beaucoup de mal à faire confiance aux femmes, constate la présidente de l'Observatoire, la députée (UMP) Marie-Jo Zimmermann.
06 mars 2008
Les femmes toujours mal représentées
05 mars 2008
Une réflexion intéressante sur le capitalisme..
... dans un article de Michel Rocard pour le Monde, paru aujourd'hui sous le titre "Tous derrière Laurence Parisot!".
Je me fais ainsi le relais du site "Le premier jeudi" via lequel j'ai accédé à l'article sur le site du Monde.
Michel Rocard y explique dans quelle mesure le capitalisme a "d'autant plus besoin d'éthique qu'il [avait] a moins besoin de règles". Pour lui, "la cause est entendue : le capitalisme sombre sous
l'immoralité. Nous sommes en train de découvrir qu'il risque
techniquement d'y succomber." Il développe 4 arguments qui vont dans ce sens : l'origine de la crise des sub-primes, la gestion de ces créances douteuses, la prise de pouvoir de l'actionnariat et enfin les exemples, récents ou non, de corruption ou de fraude fiscale provoquée par l'appât du gain.
Je vous recommande sa lecture !
03 mars 2008
Ménopause : le traitement « à la française » serait sans risque
Le monde.fr du 23 janvier 2008
Paul Benkimoun
L'étude « Mission » valide la pratique des gynécologues. Les épidémiologistes sont sceptiques. Dans les conditions où il est prescrit en France, le traitement hormonal substitutif (THS) destiné à prévenir les manifestations de la ménopause n'augmenterait pas le risque de cancer du sein. Tel est le principal enseignement de l'étude « Mission » présentée, mardi 22 janvier, par la Fédération nationale des collèges de gynécologie médicale (FNCGM), étude dont la méthodologie a été critiquée par les épidémiologistes.
28 février 2008
Les porteuses de feu
Le monde.fr du 20 janvier 2008
Hélène Delye
Faouzia Fekiri (Fr., 2007).. Zohra, Fadhila, Fattouma, Fatima et les autres : elles sont près d'une cinquantaine de femmes algériennes à s'être engagées dans la guérilla urbaine menée par le FLN (Front de libération nationale) pour l'indépendance de l'Algérie. En 1957, pendant la bataille d'Alger, on les a surnommées les « bombistes », parce qu'elles ont transporté des armes, fait passer des documents mais aussi commit plusieurs attentats sanglants. La plupart de ces femmes étaient très jeunes au moment de ces événements, mais déjà impliquées dans les activités du FLN depuis plusieurs années.
26 février 2008
conférence INT 17 Mars 2008 "Egalité des chances homme-femme en entreprise : tout est possible ?"
INT Diplômés organise une conférence à l'INT sur le thème :
"Egalité des chances homme-femme en entreprise : tout est possible ?"
Cet évènement aura lieu le 17 Mars de 18h à 20h sur le campus d'Evry. Etudiants, diplômés, vous êtes tous invités à y assister !
Table ronde témoignages de parcours féminins
Animation : Gonzague Jobbe-Duval
Présentation "Elles prennent nos places !" : les résistances masculines face aux promotions des femmes
Gonzague Jobbe-Duval
Présentation "L'importance du Networking"
Marie-Claude Peyrache - Présidente, EuropeanPWN-Paris
Apéritif offert par
25 février 2008
Le nombre d'enfants pèse beaucoup plus sur la trajectoire professionnelle des femmes que sur celle des hommes.
Le monde.fr du 16 janvier 2008
Anne Chemin
Dans le cadre de son étude sur la démographie, rendue publique mardi 15 janvier, l'Insee constate que seules les femmes célibataires travaillent autant que les hommes. Ce sont des données propres à nourrir la réforme du congé parental envisagée par le gouvernement. Selon l'étude démographique de l'Insee, rendue publique mardi 15 janvier, le fait d'avoir ou non des enfants ne pèse en rien sur les trajectoires professionnelles des hommes ; mais bien différente est la situation des femmes. Qu'ils soient célibataire, en couple, père d'un ou de plusieurs enfants, le taux d'activité des hommes de 25 à 49 ans ne descend jamais en dessous de 93,5 %.
22 février 2008
Taslima Nasreen « Je ne suis plus qu'une voix désincarnée »
Le monde.fr du 12 janvier 2008
Taslima Nasreen
Traquée par les fondamentalistes islamistes en Inde, l'auteure bengalie témoigne de l'étendue de son abandon. Où suis-je ? Je suis sûre que personne ne me croira si je dis que je n'ai pas de réponse à cette question qui paraît simple, mais la vérité est que je n'en ai pas. Je suis comme les morts-vivants : engourdie, privée des plaisirs de l'existence et de l'expérience, dans l'incapacité de sortir des limites étouffantes de ma chambre. Oui, c'est ainsi que je survis. Ce cauchemar n'a pas commencé lorsque j'ai été embarquée sans ménagement de Calcutta - il dure depuis un moment déjà.



